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LMNP au réel : pourquoi revendre votre meublé coûte plus d'impôt depuis 2025
fiscalite 8 min de lecture

LMNP au réel : pourquoi revendre votre meublé coûte plus d'impôt depuis 2025

Vous louez un logement en meublé, au régime réel, et vous amortissez le bien chaque année pour réduire l'impôt sur vos loyers. C'est l'un des grands atouts du statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP). Mais le jour où vous revendez, une règle applicable depuis 2025 change le calcul de la plus-value, et la facture peut grimper nettement. La mesure ne se voit pas tant que l'on ne vend pas : voici ce qui a changé, ce que cela représente en chiffres, et qui reste épargné.

Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value

Jusqu'ici, le loueur en meublé non professionnel bénéficiait d'un double avantage. Pendant la location, il déduisait l'amortissement du bien de ses revenus, ce qui faisait souvent tomber l'impôt sur les loyers à zéro pendant des années. À la revente, ces amortissements n'avaient aucun effet sur la plus-value : celle-ci se calculait comme pour n'importe quel particulier, sur la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition.

L'article 84 de la loi de finances pour 2025, promulguée le 14 février 2025, met fin à cette asymétrie. Le III de l'article 150 VB du code général des impôts prévoit désormais que le prix d'acquisition est minoré du montant des amortissements admis en déduction au titre de l'article 39 C. Service-public confirme que cette règle s'applique aux ventes réalisées depuis le 15 février 2025. Votre plus-value imposable augmente donc d'autant.

Le texte en vigueur depuis le 21 février 2026 vise aussi les amortissements déduits au titre des i et j du 1° du I de l'article 31 du même code. Cette précision, issue de la loi de finances pour 2026, ne change rien pour un meublé au réel, qui relève de l'article 39 C.

Les amortissements d'avant 2025 comptent aussi

Un point a fait débat : fallait-il réintégrer les amortissements déduits avant l'entrée en vigueur de la loi ? Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 24 mars 2026 (question n° 10097) a tranché. La règle s'applique aux cessions réalisées à compter du lendemain de la promulgation de la loi, sans considération de la date de mise en location du bien. L'ensemble des amortissements déduits en application de l'article 39 C pendant la location est pris en compte.

L'administration y voit un changement de règle d'assiette pour un fait générateur, la vente, qui se produit après la réforme. Pour vous, le résultat est le même : ce sont bien tous vos amortissements déduits, anciens comme récents, qui entrent dans le calcul.

À l'inverse, une vente conclue avant le 15 février 2025 reste soumise à l'ancienne règle. Cette réponse ministérielle annonce que ces précisions seront reprises dans les commentaires du BOFiP : il est prudent de les consulter, ou de demander à votre expert-comptable, avant de fixer une date de vente.

Un exemple chiffré : la plus-value brute double

Le mécanisme se comprend mieux avec des valeurs simplifiées. Elles sont purement illustratives.

Ancienne règle Règle depuis 2025
Prix d'acquisition retenu 200 000 euros 140 000 euros
Plus-value brute 60 000 euros 120 000 euros
Impôt sur le revenu à 19 %, avant abattements 11 400 euros 22 800 euros
Prélèvements sociaux à 17,2 %, avant abattements 10 320 euros 20 640 euros

Ces montants sont calculés avant tout abattement pour durée de détention et avant la surtaxe éventuelle. Sur une assiette qui double, la note double aussi. Selon Service-public, la plus-value immobilière des particuliers est taxée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, et une surtaxe de 2 à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 euros.

Le calcul réel comporte aussi des correctifs qui jouent en votre faveur. Le II de l'article 150 VB permet de majorer le prix d'acquisition des frais d'acquisition (forfait de 7,5 % possible), ainsi que des travaux, sur justificatifs, ou d'une majoration de 15 % du prix d'acquisition si le bien est cédé plus de cinq ans après l'achat et que vous ne pouvez pas justifier de vos dépenses. Le principe reste le même : les amortissements gonflent la base imposable.

Les abattements pour durée de détention restent applicables

La réforme ne touche pas au mécanisme qui récompense la détention longue. Les abattements pour durée de détention réduisent progressivement la plus-value imposable, selon le barème que détaille Service-public :

Durée de détention Impôt sur le revenu (19 %) Prélèvements sociaux (17,2 %)
Jusqu'à 5 ans Aucun abattement Aucun abattement
De la 6e à la 21e année 6 % par an 1,65 % par an
22e année 4 % 1,60 %
De la 23e à la 30e année Exonération totale 9 % par an
Au-delà de 30 ans Exonération totale Exonération totale

Autrement dit, plus vous gardez le bien longtemps, plus la réintégration des amortissements est absorbée par le temps. Un bien détenu depuis plus de 30 ans échappe à toute imposition de plus-value, amortissements réintégrés ou non. Cette durée devient un vrai levier de décision : vendre juste avant un palier peut coûter cher, alors qu'attendre quelques mois change parfois la donne.

Trois situations échappent à la réintégration

Tous les bailleurs ne sont pas visés, et il vaut mieux le savoir avant de s'inquiéter.

Le micro-BIC. La réforme ne concerne que les amortissements déduits, donc le régime réel. Au micro-BIC, vous ne déduisez aucun amortissement : il n'y a rien à réintégrer, et la plus-value se calcule comme avant.

Certaines résidences services. Le III de l'article 150 VB exclut les biens situés dans certaines résidences : celles destinées à l'accueil exclusif des étudiants, des moins de 30 ans en formation ou en stage, des titulaires d'un contrat de professionnalisation ou d'apprentissage, ou des personnes de plus de 65 ans, ainsi que certains établissements sociaux et médico-sociaux (dont les EHPAD) et les établissements de soins de longue durée. Ces catégories répondent à des définitions précises : si votre bien se trouve dans une résidence de ce type, faites vérifier son statut avant de présumer qu'il est exclu.

Les travaux déjà pris en compte. Les amortissements qui correspondent à des travaux de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration déjà retenus au titre du 4° du II de l'article 150 VB ne sont pas comptés une seconde fois. Pas de double peine sur ce point.

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Retrouver ses amortissements et simuler la vente avant de s'engager

Cette réforme ne remet pas en cause l'intérêt du meublé au réel pendant la location : l'économie d'impôt sur les loyers reste bien réelle. Elle change surtout la façon de penser la sortie. Trois réflexes sont utiles pour un propriétaire bailleur :

  • Retrouvez le total des amortissements déduits depuis l'achat. C'est ce chiffre qui viendra s'ajouter à votre plus-value le jour de la vente. Vos tableaux d'amortissements (liasse fiscale, formulaire 2033) ou votre expert-comptable l'ont.
  • Regardez votre durée de détention avant de fixer une date de vente. Franchir un palier d'abattement, et surtout les seuils de 22 et 30 ans, peut représenter plusieurs milliers d'euros.
  • Faites une simulation avant de signer un compromis, surtout si vous amortissez depuis longtemps. La surprise se répare mal une fois la vente engagée.

Le statut LMNP reste intéressant, mais il se gère désormais sur toute sa durée, de la première année de location jusqu'au calcul de la plus-value. Anticiper la sortie fait partie du métier de propriétaire, sans avoir à devenir fiscaliste pour autant.

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Questions fréquentes

Les amortissements d'avant 2025 sont-ils réintégrés ?

Oui, si la vente a lieu à compter du 15 février 2025. Une réponse ministérielle du 24 mars 2026 précise que la règle s'applique sans considération de la date de mise en location du bien, et que l'ensemble des amortissements déduits au titre de l'article 39 C est pris en compte.

Une vente conclue avant le 15 février 2025 est-elle concernée ?

Non. La règle s'applique aux cessions réalisées à compter du lendemain de la promulgation de la loi de finances pour 2025. Une vente antérieure suit l'ancien calcul, sans réintégration des amortissements.

Je suis au micro-BIC : dois-je m'en préoccuper ?

Non, pour cette règle précise. Au micro-BIC, aucun amortissement n'est déduit, donc rien n'est réintégré dans le prix d'acquisition. Si vous passez un jour au régime réel, la question se posera pour les amortissements déduits à partir de ce moment.

À partir de quand la plus-value n'est-elle plus imposée ?

Selon Service-public, l'exonération est totale pour l'impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et pour les prélèvements sociaux après 30 ans. Au-delà de 30 ans, aucune plus-value n'est imposée, amortissements réintégrés ou non.

Ce qu'il faut retenir

  • Si vous vendez un meublé loué au réel, calculez la plus-value en retirant du prix d'acquisition tous les amortissements déduits, y compris ceux d'avant 2025.
  • Retrouvez le total de vos amortissements dans votre liasse fiscale ou auprès de votre expert-comptable avant de fixer un prix de vente.
  • Comparez votre date de vente aux paliers d'abattement de 22 et de 30 ans.
  • Gardez des écritures comptables complètes : consultez notre guide sur l'export FEC en gestion locative pour savoir comment les exporter.

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