Bail ALUR 2026 : mentions obligatoires
et conformité
Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, le contrat de bail d'habitation est strictement encadré. Un bail non conforme expose le bailleur à des sanctions pénales depuis 2024. Ce guide liste toutes les mentions obligatoires, les annexes requises et les clauses interdites.
À quels baux s'applique la loi ALUR ?
Résidence principale — vide ou meublée
La loi ALUR (et ses modifications successives) s'applique aux locations à usage de résidence principale du locataire, qu'elles soient vides ou meublées, régies par la loi du 6 juillet 1989. Un modèle de bail type a été défini par décret (décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 pour les locations vides, décret n° 2015-588 pour les locations meublées).
Ne sont pas concernés : les locations saisonnières, les locations de résidences secondaires, les locations à usage professionnel, les logements soumis à la loi de 1948.
Ce qui change au 1er octobre 2026
Nouveaux contrats types : vide, meublé et colocation à bail unique
Un décret publié au Journal officiel du 7 juillet 2026 modifie les modèles réglementaires de bail. Les nouveaux contrats types concernent les baux conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Ils ne s'appliquent pas au bail mobilité ni aux locations saisonnières de type meublé de tourisme.
Le contrat type prévoit la résiliation de plein droit du bail en cas de non-paiement du loyer, de non-paiement des charges ou de non-versement du dépôt de garantie. Elle ne peut jouer qu'après un commandement de payer resté sans effet pendant six semaines.
Ce n'est pas une nouvelle obligation : elle résulte de la loi du 27 juillet 2023 et s'applique déjà aux baux conclus ou renouvelés depuis le 29 juillet 2023. Le décret met simplement les modèles en cohérence avec la loi.
Lorsque le logement est soumis à une obligation de résidence principale, cette information doit figurer dans le bail : le contrat précise alors que le logement doit être occupé à titre de résidence principale. Cette mention tient compte des nouvelles règles qui permettent à certaines communes d'imposer cette obligation pour certains logements. Pour savoir si votre logement est concerné, renseignez-vous auprès de la mairie.
Pour faciliter les échanges entre les parties et la prévention des expulsions locatives, le numéro de téléphone portable du bailleur et du locataire peut être indiqué dans le contrat. Cette mention reste facultative.
Mentions obligatoires dans le bail
Ce que le bail doit contenir impérativement
Le bail doit obligatoirement mentionner :
— La désignation du logement (adresse, nature, surface habitable)
— La destination du logement (résidence principale vide ou meublée)
— Le nom et l'adresse du bailleur ou de son mandataire
— La date de prise d'effet et la durée du bail
— Le montant du loyer, ses modalités de paiement et les règles de révision
— Le montant du dépôt de garantie le cas échéant
— La mention de la surface habitable selon la loi Boutin
— La liste des équipements d'accès aux technologies de l'information
En zone tendue, le bail comporte deux mentions supplémentaires :
— Le montant du dernier loyer acquitté par le précédent locataire et sa
date de versement, lorsque celui-ci a quitté le logement moins de dix-huit mois avant la
signature
— La nature et le montant des travaux réalisés depuis la fin du dernier
contrat, le cas échéant
Annexes obligatoires
Les documents à joindre impérativement au bail
La notice d'information relative aux droits et obligations des locataires et des bailleurs doit être annexée au bail. Son contenu est fixé par l'arrêté du 29 mai 2015, modifié le 16 février 2023.
Document contradictoire obligatoire, établi selon le modèle type défini par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016. Il doit être réalisé lors de la remise des clés et signé par les deux parties.
Le DDT comprend :
— DPE (Diagnostic de Performance Énergétique)
— CREP (Constat de Risque d'Exposition au Plomb, si immeuble avant 1949)
— Diagnostic amiante (si immeuble avant 1997)
— État de l'installation électrique et gaz (si > 15 ans)
— ERP (État des Risques et Pollutions)
— Diagnostic bruit (si en zone d'exposition au bruit des aérodromes)
En copropriété, l'extrait du règlement de copropriété concernant la destination de l'immeuble, la jouissance et l'usage des parties privatives et communes doit être annexé au bail.
Clauses interdites
Clauses réputées non écrites et nulles
Il est interdit d'interdire au locataire d'héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec lui.
Le bailleur ne peut pas imposer le prélèvement automatique comme seul mode de paiement du loyer. Le locataire doit pouvoir choisir son mode de paiement.
Une clause de résiliation automatique du bail en cas de non-paiement du loyer est interdite. Seule la clause résolutoire, qui nécessite un commandement de payer resté sans effet pendant six semaines, est autorisée. Depuis le 1er octobre 2026, elle figure dans les contrats types de location (loyer, charges et dépôt de garantie).
Le bailleur ne peut pas interdire les animaux domestiques (sauf animaux dangereux de catégorie 1 et 2). Cette clause serait réputée non écrite.
Le bailleur ne peut pas obliger le locataire à souscrire une assurance auprès d'une compagnie qu'il désigne. Le locataire est libre de choisir son assureur.
Toute clause autorisant le bailleur à percevoir une amende ou une pénalité en cas d'infraction aux clauses du bail ou à un règlement intérieur est réputée non écrite, quel que soit son montant.
Durée minimale du bail
Vide, meublé, étudiant, mobilité
La durée minimale est de 3 ans si le bailleur est une personne physique, 6 ans si le bailleur est une personne morale (SCI à l'IS, société, etc.). Le bail est reconduit tacitement à son échéance sauf congé donné dans les délais légaux.
La durée minimale est de 1 an (9 mois pour les étudiants), que le locataire soit ou non bénéficiaire d'une aide au logement. Le bail mobilité dure de 1 à 10 mois et n'est pas renouvelable.
Sanctions depuis la loi du 9 avril 2024
Des sanctions pénales désormais applicables
Depuis la loi n°2024-322 du 9 avril 2024, les bailleurs qui refusent d'établir un contrat conforme à l'article 3 de la loi de 1989, de délivrer une quittance, ou qui dissimulent ces obligations, encourent une amende de 20 000 € et une peine d'emprisonnement d'1 an.
Générez un bail ALUR conforme en 2 minutes
des règles ALUR vérifiées automatiquement, toutes les mentions obligatoires, annexes générées, clauses interdites détectées. Vide, meublé, étudiant, mobilité.
Essayer Lokto gratuitement, 3 mois sans CB →